Voici le problème : tout le monde parle du retour de Joel Embiid pour les Sixers. Il a marqué 24 points et délivré sept passes décisives contre le Thunder le 2 avril, son premier match depuis le 30 janvier après son opération du ménisque. Et bien sûr, c'est formidable pour Philadelphie de retrouver son MVP sur le terrain. Ils en ont désespérément besoin. Avant sa blessure, les Sixers étaient un prétendant légitime à la Conférence Est, occupant la troisième place du classement. Ils étaient à 29-17 avec lui. Sans lui ? Un bilan brutal de 9-15.
Mais soyons réalistes. Le match contre le Jazz mardi 2 avril n'est pas un test monumental. Utah est à 21-49, bon dernier de la Division Nord-Ouest. Ils ont perdu huit matchs consécutifs, et leur dernière victoire remonte au 18 mars contre Washington. Ce n'est plus la formidable équipe d'Utah d'il y a quelques années. Ils ont échangé Donovan Mitchell et Rudy Gobert, et ils sont en pleine reconstruction. Des joueurs clés comme Lauri Markkanen, qui tourne à 23,2 points et 8,2 rebonds, sont absents en raison de problèmes d'épaule. Jordan Clarkson ne joue pas non plus. Donc, une victoire contre cette équipe squelettique du Jazz ne fait pas soudainement des Sixers des prétendants au championnat.
**Le péril du Play-In pour Philly**
Les Sixers sont actuellement à 38-32, occupant la neuvième place à l'Est. Ils n'ont qu'un match d'avance sur les Bulls, dixièmes, et surtout, ils ont 2,5 matchs de retard sur les Pacers pour la sixième place. C'est le vrai combat. Personne ne veut du tournoi de Play-In. C'est une loterie. La présence d'Embiid, même à moins de 100%, aide certainement leurs chances, mais ils ont un calendrier difficile en fin de saison. Après Utah, ils affrontent Miami, Memphis, San Antonio et Orlando. Ce match contre le Heat est énorme.
Tyrese Maxey a porté l'équipe, avec 25,7 points et 6,2 passes décisives par match cette saison. Il a eu des soirées monstrueuses, comme son explosion à 52 points contre les Spurs en janvier. Mais il ne peut pas tout faire seul contre des défenses de calibre playoff. Des joueurs comme Tobias Harris, qui tourne à 17,2 points, doivent être plus constants. Harris a eu des matchs où il semblait dominant, puis disparaissait pendant de longues périodes. Les Sixers ne peuvent pas se permettre ce genre d'inconstance s'ils veulent éviter le Play-In et faire un long parcours.
Soyons clairs : le retour d'Embiid est une belle histoire, mais les Sixers ont perdu trop de terrain. Ils ne sortiront pas du tableau du Play-In. Ils se sont creusé un trou trop profond pendant son absence, et même avec Embiid, un Embiid rouillé de surcroît, ils n'ont tout simplement pas assez de temps pour remonter dans le top six. Le reste de l'Est s'est renforcé, et la chimie des Sixers en a souffert.
**Le Jazz n'est qu'un obstacle**
Écoutez, le Jazz ne fait que terminer la saison. Ils donnent des minutes à des joueurs comme Taylor Hendricks, qui a marqué 15 points et pris 10 rebonds contre les Cavaliers la semaine dernière. Keyonte George montre des éclairs, avec une moyenne de 12,8 points et 4,4 passes décisives. Ils essaient de déterminer qui s'intègre dans leurs plans à long terme. Ce n'est pas une équipe qui va opposer beaucoup de résistance, même contre une équipe des Sixers qui intègre encore sa superstar.
Philly devrait gérer ce match facilement. Ils *doivent* gérer ce match facilement. Mais ce ne sera pas un signe de ce qui va arriver pour les playoffs. C'est un cadeau, une chance pour Embiid de se débarrasser de la rouille. Ne confondez pas une performance dominante contre une équipe de G-League avec un véritable retour en forme pour les Sixers.
Ma prédiction audacieuse : les Sixers passent le Play-In, mais se font éliminer au premier tour par l'équipe qui termine troisième ou quatrième à l'Est.